Edito : Une implication et une proximité remarquables

Lettre de la Fédération no 18 – mai 2020

 

La crise sanitaire que nous traversons est une immense leçon de modestie pour nous tou·te·s.
 
Chacun·e, quel que soit son statut dans notre société, ne peut que constater son désarroi face à l’ampleur et à la complexité du défi que doit relever notre société devant le virus. Personne, qu’il ou elle soit simple citoyen·ne, élu·e, chef·fe d’entreprise, médecin, n’a échappé à ce double impératif: se protéger soi-même et ses proches, puis protéger la société.
 
Pour l’animation socioculturelle genevoise, l’impact du Covid-19 aurait pu être dévastateur. Les centres de loisirs, les maisons de quartiers, les Jardins Robinson et les Terrains d’aventures se sont retrouvés du jour au lendemain privés de la possibilité de rassembler des gens… est-ce que nous allions simplement fermer et attendre que ça passe ? Le tissu qui compose cette animation socioculturelle, fort de ses 47 associations, a toutefois montré une fois de plus sa capacité à s’adapter rapidement. Votre implantation locale, le lien social que vous avez construit depuis des années à l’échelle des quartiers et des communes, vous a permis de produire des réponses multiples, variées et adaptées aux réalités de chaque lieu. Votre implication et celle de vos équipes d’animation vous ont permis de développer des projets de proximité remarquables. Merci et bravo. Nous avons donc choisi de mettre en exergue dans cette édition de la Lettre de la Fédé exceptionnelle quelques exemples de ce qui s’est fait sur le terrain, en l’espace de deux ou trois semaines seulement.

Ces animations alternatives ont été réalisées par des équipes qui plus est réduites, car il a fallu répondre aux appels à la solidarité émanant d’autres institutions, relayés par le Secrétariat général de la FASe. Nous avons aussi su répondre de manière très prompte au besoin d’accueillir des enfants pendant les vacances de Pâques.

De nouveaux défis

Cette réactivité est aussi rassurante, à l’heure où nous commençons à mesurer les impacts économiques et sociaux que cette crise va produire sur notre société. Car nous allons, à moyen et à long terme, être appelé·e·s à répondre à de nouveaux défis.

Tout d’abord, l’été qui approche pourrait être celui de tous les dangers. Les difficultés -voire l’impossibilité- de voyager vont avoir pour conséquence que les habitant·e·s de Genève passeront les mois de juillet et août à la maison, ce qui multipliera les besoins de loisirs. Et dans le même temps, tout porte à croire que cette offre de loisirs sera justement réduite, avec peut-être des lieux de détente encore fermés, ou ouverts seulement de manière restreinte. Parallèlement, les évènements festifs et culturels seront quasiment tous annulés. Dans ce contexte morose, au cours de ces deux mois d’été, les initiatives que nous pourrons prendre pour animer l’espace public seront particulièrement précieuses, et même indispensables.

L’autre constat qui saute aux yeux est le basculement dans la pauvreté d’une part importante de la population. Des centaines de familles qui s’en sortaient tout juste en multipliant les «petits jobs» se retrouvent depuis quelques semaines dans l’impossibilité de boucler leurs fins de mois. En témoignent les impressionnantes files d’attente qui se forment lors des distributions de colis alimentaires. Là aussi, nous pouvons apporter des réponses solidaires, toujours locales, en développant des projets à notre échelle, tout en travaillant le lien social.

Des mesures de soutien exceptionnelles sont en train de se préparer au niveau du canton et des communes, et nous sommes confiant·e·s dans le fait que nos initiatives et nos efforts seront portés par nos autorités politiques.

Nous espérons que la lecture de cette Lettre sera une inspiration pour nous tou·te·s, et qu’elle nous apportera du courage et de l’optimisme pour appréhender les bouleversements de ces prochains mois.

Pour le comité de la FCLR,
Pascal THURNHERR, Président

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