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La Lettre de la FCLR n° 16 – Octobre 2019 💬 Projets associatifs : n’ayez pas peur de rêver !

« Le développement du pouvoir d’agir, c’est le passage du sentiment d’impuissance à la possibilité d’agir sur ce qui compte pour soi, pour ses proches et pour les groupes auxquels on s’identifie. »

Yann le Bossé

 

Au sommaire

Pour un agenda à jour veuillez consulter la page dédiée.

Réseau International de l’Animation (RIA)

Mis en avant

Le IXème Colloque du RIA sur le thème des Défis et enjeux des territoires pour l’animation socioculturelle a eu lieu à Lausanne du 4 au 6 novembre 2019.

La FCLR était présente. Un retour est prévu prochainement.

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VIIIème Colloque du RIA (2017) : L’animation socioculturelle à l’ère de la communication numérique et des nouveaux médias

Retour des déléguées de la FCLR:

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Détails...

Place aux enfants à Plainpalais : Un Terrain d’aventures éphémère a enchanté la plaine pendant l’été

© Collectif InteRob                                           Lettre de la Fédération no 16 – octobre 2019

Du 15 juillet au 9 août dernier, une oasis de convivialité et d’aventures a émergé au milieu du « désert » de Plainpalais. Organisé à l’initiative du Collectif InteRob qui rassemble les animateur.trice.s des Jardins Robinson et Terrains d’aventures de Genève et Lausanne, cet espace de loisirs et d’expérimentation éphémère a rencontré un beau succès auprès des 6-12 ans, de leurs parents et plus largement des habitant.e.s du quartier.

Comment ce projet a-t-il vu le jour ? Quels étaient ses objectifs et quel en est le bilan ? Nous avons contacté Claudia Garcia, animatrice socioculturelle du Jardin Robinson d’Onex, l’une des deux coordinatrices du projet. Interview.

 

Comment est née l’idée de ce terrain éphémère ?

Le projet a été imaginé par le Collectif InteRob. Tous les deux à trois mois, nous nous réunissons entre professionnel.le.s des neuf Terrains d’aventures et Jardins Robinson de Genève et du Terrain d’aventures de Lausanne pour échanger sur nos pratiques. Dans la capitale vaudoise justement, nos collègues organisent depuis plus de 10 ans « Le Tunnel rêve de vert », un projet qui transforme la place du Tunnel en parc de quartier pendant la période estivale. La place [ndlr : qui le reste de l’année sert de parking] est aménagée pour devenir un lieu de rencontre et d’accueil ouvert au tout public. Occuper un espace nu en pleine ville et proposer gratuitement un accueil libre aux enfants, ce projet nous semblait pertinent aussi pour Genève. Nous avons posé les premières réflexions en avril 2015 et le projet « La Place aux Enfants » a vu le jour cet été.

Quels étaient les objectifs ? Pourquoi avoir choisi la plaine de Plainpalais ?

Nous voulions offrir à des enfants qui ne partent pas en vacances un espace de liberté et de jeu gratuit en plein cœur de la ville. Dans ce lieu encadré par une équipe d’animation professionnelle, nous voulions qu’ils puissent expérimenter et exprimer leur créativité, à travers les valeurs de l’accueil libre. Nous espérions aussi toucher les parents et habitant.e.s du quartier en organisant un repas canadien les vendredis soirs.

Nous avons choisi Plainpalais parce c’est un lieu central à Genève. Il est facilement accessible, il est connu et visible, et en plus, il est vierge ! La philosophie du projet, c’était de partir de rien pour faire émerger quelque chose et répondre aux besoins des habitant.e.s. Sur le principe, la Ville de Genève était d’accord. Mais elle s’est inquiétée de la chaleur et du manque d’ombre sur la plaine, et nous a proposé de développer le projet au parc des Bastions. Toutefois, il nous semblait que notre projet perdrait du sens aux Bastions : nous voulions vraiment partir de rien et toucher une population issue de la classe moyenne. Nous avons préféré Plainpalais.

Nous avons pris contact avec les centres et acteurs du quartier (FASe, les MQ des Acacias, de Plainpalais, de Chausse-Coq et de la Jonction, le skatepark, etc.) pour développer les réseaux, connaître l’offre d’animation et identifier les vides à combler. Nous avons ainsi constaté qu’à cette période de l’année, il y avait moins d’accueil car la plupart des centres sont fermés, et par ailleurs, que la plaine n’offrait aucune infrastructure pour les 6-12 ans.

Comment vous êtes-vous organisé.e.s au sein du collectif pour monter ce terrain d’aventures éphémère ?

De l’idée à l’ouverture du terrain éphémère, il nous a fallu quatre ans pour concrétiser le projet. Cela peut paraître long mais nous avons pris le temps de visiter l’expérience de Lausanne et nous avons monté le projet en parallèle de nos activités dans nos centres respectifs.

Un groupe de travail de quatre personnes s’est formé en 2015 pour discuter et définir le projet. Ensuite, nous l’avons présenté à la FASe et avons soumis une demande de financement au Fonds FACS en mai 2018. Nous avons reçu une réponse positive en août 2018.

Fin septembre 2018, nous avons mis en place une coordination que nous avons assurée à deux avec Muriel Waelti-Mehinto (animatrice au Terrain d’aventures de Lancy-Voirets) pour concrétiser le projet et le lancer.

Quelles activités ont été proposées sur la plaine ?

Au Terrain d’aventures éphémère, les enfants ont pu construire des cabanes, s’initier à la danse ou à l’impro, jouer au foot ou à des jeux de société. Nous avions aussi du matériel de créativité pour faire de la peinture, du modelage, des sculptures en papier mâché, etc. Tous les jours, nous leur avons offert le goûter.

Les parents n’étaient pas en reste car nous leur avions aménagé un coin détente où se poser pendant que leurs enfants jouaient. Au fur et à mesure, le terrain est devenu un « accueil libre famille » ! C’est très intéressant et les retours sont très positifs.

© Collectif InteRob

De quels soutiens avez-vous bénéficié ?

Le Fonds FACS a couvert les 240 heures de coordination, ainsi que les heures de technicien, de secrétaire-comptable, de moniteur.trice.s (entre 8 et 9) et de deux animateur.trice.s. Nous avons aussi reçu des fonds privés.

Du côté des centres, on nous a prêté du matériel et du mobilier, et la Ville de Genève nous a permis d’utiliser le terrain gratuitement. Nous avons aussi travaillé avec plusieurs de ses services. Par exemple, la Voirie et le service des espaces verts ont fourni l’eau et l’électricité et ont installé des containers ouverts sur la plaine pour que nous ayons de l’ombre.

La FASe nous a également donné un coup de main pour la communication en diffusant l’information dans les médias.

Quels défis avez-vous rencontrés pendant la saison ?

La météo ! Il a fait très chaud… Nous avons dû adapter les activités à la canicule et au vent. Pour lutter contre la chaleur, nous avons aménagé en cours de saison une piscine de bottes de paille et proposé des jeux d’eau.

Nous nous sommes également rendu compte que la plaine n’est pas aussi accessible que cela, à cause du trafic routier tout autour.

© Collectif InteRob

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Positif ! Toute l’équipe du projet est enthousiaste et veut renouveler le projet l’année prochaine. Et à Plainpalais ! Nous avons amené une réelle innovation au cœur de l’été genevois : nous sommes parti.e.s d’une page blanche sur un terrain nu pour offrir pendant un mois une animation gratuite, sans autre contrainte que celle du respect de l’autre et du lieu. Nous avons créé en pleine ville un lieu hors du temps, un espace de jeu et de découvertes pour les enfants et de tranquillité pour les parents.

La fréquentation a été bonne : entre 35 et 65 enfants par jour (sauf pendant la semaine de canicule), principalement issus de la population que nous visions, c’est à dire les enfants et parents du quartier, avec même un groupe d’ « habitué.e.s ». Mais nous avons aussi accueilli des touristes qui s’arrêtaient entre deux visites et des enfants venus d’autres quartiers, de Carouge et d’autres communes.

Mais bien sûr, il y aurait des choses à renforcer. Par exemple, il faudrait améliorer l’infrastructure en ajoutant des plantes et de la verdure. Nous devons aussi communiquer plus et mieux pour être plus visible et installer le projet dans la durée et le paysage genevois. Si nous voulons rester à Plainpalais, c’est aussi pour cela : pour que la Place aux Enfants soit identifiée à la plaine. Pour cela, il faudrait que nous fassions un affichage dans le quartier, une information dans les écoles avant les vacances, etc.

Et du côté des partenariats ?

Cette première édition a montré la pertinence du projet. Ce bilan devrait nous permettre de renforcer les partenariats, en particulier avec la Ville de Genève. Nous pensons aussi à des acteurs comme l’Hépia et Urbanature pour repenser l’architecture et l’aménagement paysagers du terrain d’aventures éphémère…

A suivre pour une deuxième édition en 2020 ?

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Le Collectif InteRob et l’accueil libre en bref

InteRob regroupe une dizaine de lieux qui pratiquent l’accueil libre pour les enfants sur les cantons de Genève et Vaud. Ces lieux sont rattachés à la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe) et à la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL).

« L’accueil libre est une forme d’accueil qui se déroule dans un cadre défini et modulable, dont les professionnels sont les garants, et dans lequel les enfants et (ou) adolescents peuvent venir faire l’expérience de la liberté. Ces derniers ont la possibilité de s’approprier leur temps libre. Ils peuvent en effet choisir à quel moment ils arrivent, quand ils repartent, ce qu’ils vont faire, avec qui et comment. […]

L’accueil libre permet l’apprentissage de la vie en collectivité. »

(Extrait de L’Accueil Libre en Terrains d’Aventures et Jardins Robinson – Une pratique à (re)découvrir)

Projets associatifs : N’ayez pas peur de rêver !

© La Carambole                                            Lettre de la Fédération no 16 – octobre 2019

Habitant.e.s, jeunes, associations et acteurs des quartiers fourmillent d’idées d’actions pour rassembler, intégrer, créer, s’amuser, bouger ou fêter. Mais combien de projets voient finalement le jour ? Combien de ces élans du génie humain se traduisent en actes ? Au-delà de la puissance de l’imagination, du don de soi et de la motivation, le chemin de l’idée à sa réalisation est pavé d’embûches. Parmi les obstacles qui séparent l’impossible du possible, surgit souvent la question des moyens financiers.

Les fonds FASe peuvent offrir un relais. Passons en revue les expériences inspirées et inspirantes menées au Jardin Robinson d’Onex, à la Maison Vaudagne, à la Maison de quartier Asters-Servette, à Pré en bulle et à la Carambole.

Les programmes d’activités des centres de loisirs et de rencontres sont financés d’année en année par les budgets de fonctionnement que leur octroient les communes. Mais ces budgets ne sont pas toujours suffisants, en particulier quand les centres veulent élargir leurs activités ou en développer de nouvelles. « Une fois les activités annuelles et les frais de fonctionnement déduits, il est difficile de dégager de l’argent pour monter des projets particuliers », explique Miguel Sanchez, animateur à la Carambole. « On doit trouver d’autres sources de financement pour organiser une sortie, un camp, etc. ».

Des ateliers créatifs appelés “Vivre ensemble” pour favoriser les liens entre habitant.e.s du quartier et migrant.e.s aux Créateliers, une monstrueuse parade organisée pendant le festival Antigel, la restauration d’un triporteur Vespa par des jeunes à l’ATB … Notre Lettre d’information a régulièrement relayé des projets qui ont bénéficié de soutiens financiers autres que les budgets de fonctionnement des centres qui les ont portés. FACS, FINC, Alimentation et Mouvement, Ados-Été… Derrière ces noms et acronymes, quatre fonds créés ces dernières années par le Conseil de fondation de la FASe, et autant de portes que les associations de centres et les TSHM peuvent pousser pour initier de nouvelles activités ou toucher de nouveaux publics. Un cinquième, le PRISM, vient tout juste de voir le jour. Chaque fonds a son propre règlement, ses objectifs et sa population cible (cf. encadré ci-dessous). Des centres les sollicitent régulièrement. Mais peu par rapport aux nombres de projets soumis par les TSHM.

 

Donner l’impulsion

Inclusion d’enfants à besoins éducatifs particuliers et en situation de handicap au Jardin Robinson d’Onex

Pour inclure de nouveaux publics, et notamment accueillir des enfants à besoins éducatifs particuliers ou en situation de handicap, les centres peuvent faire appel au FINC. Ce fonds leur permet de financer les heures des moniteur.trice.s spécialisé.e.s (entre autre via Cap Loisirs) qui accompagnent chaque enfant individuellement dans les activités. Depuis 2014, le Jardin Robinson d’Onex a intégré six enfants à besoins spécifiques dans son accueil du mercredi. Pour obtenir ce financement, il dépose une demande en mai chaque année en fonction des besoins et demandes des parents. Cette année, le centre en accueille deux. Selon la FASe, « ces moments ne sont jamais à sens unique, les enfants s’apportent beaucoup l’un l’autre, qu’ils nécessitent des besoins éducatifs particuliers ou qu’ils soient en situation de handicap ou non »[1].  « L’inclusion de ces enfants dans les activités est très importante », confirme Claudia Garcia, animatrice au JR.

« Intégration d’enfants migrants en maison de quartier » aux Asters-Servette et Pré en bulle

L’accompagnement d’enfants à besoins éducatifs particuliers, Christel Moretto connaît bien. Monitrice pendant de nombreuses années à Cap Loisirs, elle est intervenue dans plusieurs centres à ce titre, dont la maison de quartier Asters-Servette. Engagée, elle a aussi travaillé bénévolement au foyer pour requérant.e.s du Petit-Saconnex où elle s’occupait d’enfants migrants pendant que leurs parents suivaient des cours de français. Marquée par les conditions de vie difficiles dans lesquelles ces enfants vivent au quotidien, elle a monté en consultation avec des animateur.trice.s de la maison de quartier Asters-Servette et de Pré en bulle un projet visant à intégrer plusieurs enfants vivant au foyer dans les activités de ces deux centres. Ces derniers ont très bien accueilli le projet. La réponse du foyer a été plus réticente : Christel Moretto a dû convaincre, et cela d’autant plus qu’elle y intervenait en tant que bénévole, « sans légitimité ».

Finalement, le projet a démarré grâce au soutien des deux centres, de la FASe, du Bureau d’intégration des étrangers (BIE) et de l’Hospice général, et à un financement du FACS. Pré en bulle a intégré dès juillet 2017 sept enfants de 5 à 12 ans du foyer pendant l’été. Puis en septembre, la MQ Asters-Servette a commencé à accueillir à l’année des enfants de 5-8 ans dans ses activités du mercredi.

Concrètement, Christel va chercher les enfants au foyer le matin pour les amener à la maison de quartier. Cette année, chaque mercredi, ce sont huit enfants migrants qui sortent ainsi de l’ambiance du foyer, et font l’expérience de la vie d’une maison de quartier, comme leurs copains d’école. À travers les enfants, le projet vise aussi à toucher les parents qui viennent les chercher en fin de journée : ils rencontrent ainsi d’autres parents, prennent des informations sur les activités du centre, etc.

« Sans le FACS, le projet n’aurait pas été possible, car les deux centres n’ont pas les moyens de l’intégrer à leurs budgets », explique Christel Moretto. Le financement FACS couvre son salaire (travail de terrain, préparation, coordination) ainsi que les frais d’inscription des enfants aux activités des centres. De son côté, elle a dû passer son CFC d’assistante socio-éducative pour pouvoir assurer le travail de réseau nécessaire au montage du projet.

« Quartier libre » à Meyrin

Aussi bénéficiaire d’un financement FACS, la Maison Vaudagne a lancé en mars dernier « Quartier libre », un nouveau projet d’animation hors les murs dans un quartier sensible de Meyrin, un besoin identifié à la fois par le centre et la commune. Objectif : aller à la rencontre des enfants « qui traînent » en bas des immeubles, leur proposer un accueil libre gratuit trois après-midis par semaine et améliorer la qualité de vie et la cohésion sociale dans le quartier. À travers les jeux, le goûter, les activités artistiques et créatives ou encore des intervenant.e.s extérieur.e.s, « il s’agit de créer des ponts avec les habitant.e.s du quartier qui passent à travers les mailles du filet des activités associatives ou de l’offre culturelle de la ville, et de leur donner la parole », explique Marie-Laure Pinatel, l’animatrice qui a développé le projet et initié la demande au FACS.

Le fonds a permis au centre de lancer le projet en disposant d’un financement à la hauteur de ses ambitions, et des outils adéquats pour le mettre en œuvre (matériel d’animation, prise en charge des intervenant.e.s et du goûter). De plus, un triporteur en cours d’aménagement sera livré au printemps prochain. En attendant, c’est le minibus de la Maison Vaudagne qui achemine l’équipe et le matériel dans les trois sites de cet accueil hors murs. En moyenne 30 enfants de 3 à 14 ans, mais parfois jusqu’à 70, se pressent chaque après-midi. Les parents ne sont pas encore au rendez-vous mais le projet en est à ses débuts : « il faut laisser le temps au bouche-à-oreille de faire son œuvre pour que les gens sachent que le projet n’est pas juste ‘occupationnel’ mais un espace pour eux aussi », nous confie Marie-Laure Pinatel.

© Maison Vaudagne

Projets Ados-Été à la Carambole et avec les requérant.e.s mineur.e.s non accompagné.e.s (RMNA)

À la Carambole, les projets financés par le fonds Ados-Été se sont succédés depuis 2014 et n’ont cessé d’évoluer et de se réinventer au gré des envies des jeunes aidé.e.s par l’équipe d’animation. Certes « le délai est parfois court entre le moment où on reçoit la réponse du Fonds [en mai] et le lancement du projet », indique Miguel Sanchez, animateur à la Carambole. « Mais ce financement permet de rendre les projets plus attractifs pour les jeunes. »

Les deux premiers (« Vernier sur Skate » en 2014 et 2015 et « Lignon sur Skate » en 2016) faisaient la part belle au skateboard et autres sports de glisse incluant cours, concours, concerts, etc.

© La Carambole  

« Carambole Beach » a pris le relais en 2017 et 2018 avec l’objectif de sortir les jeunes du centre en été en les amenant à la découverte du nouveau terrain multisports du quartier, en les incitant à l’utiliser et à avoir des activités à l’extérieur. Le terrain a été agrémenté de chaises longues, des grillades y ont été organisées… En 2018, la coupe du monde de football a donné l’occasion d’ajouter un écran géant et d’autres animations.

© La Carambole  

En 2019, le centre a proposé aux jeunes un tout autre concept : un camp d’été à la découverte d’une région de Suisse romande. Dans ce quartier dont les jeunes, souvent d’origine étrangère, sortent peu, cette perspective a rencontré l’enthousiasme. Le projet s’est concrétisé en Valais. Il visait à mêler activités de plein air (montagne, canyoning, trek) et connaissance de l’histoire et de la culture suisses. Le financement a couvert les heures de moniteur.trice.s et les frais d’organisation du camp (transports, hébergement, visites, etc.).

Un projet similaire sera probablement imaginé en 2020, dans une autre région de Suisse.

Christel Moretto est aussi à l’origine d’un projet Ados-Été mené avec la Maison de quartier des Libellules au bénéfice de requérant.e.s mineur.e.s non accompagné.e.s (RMNA). Le projet qui s’est déroulé à l’été 2019 a permis à 27 d’entre elles et eux d’être embauchée.s comme aides-moniteur.trice.s dans 11 centres et maisons de quartier. Le fonds Ados-Été a couvert son salaire pour la coordination et le suivi du projet avec les jeunes et les centres, ainsi que la rémunération des jeunes. Le bilan est en cours de réalisation mais selon Christel, « les 11 centres impliqués ont tous jugé l’expérience positive » et plusieurs RMNA sont aujourd’hui engagés dans des centres comme petits jobs ou même moniteur.trice.s.

 

« Sortir de la routine »

Les témoignages des animateurs et animatrices qui ont mis en œuvre ces projets avec ces fonds sont unanimes : ces financements sont « un plus » dans leur travail.

« C’est agréable de se dire qu’on peut sortir de la routine. Ces fonds nous permettent d’imaginer et d’innover », assure Claudia Garcia du Jardin Robinson d’Onex. Et « de stimuler la créativité des animateur.trice.s », ajoute Miguel Sanchez de la Carambole. Ces fonds les « autorisent » à une certaine prise de risque.

Marie-Laure Pinatel et Miguel Sanchez s’accordent aussi sur le fait que ces fonds (FACS, Ados-Été) donnent aux centres le temps de tester un projet ou une activité « sans sacrifier les activités habituelles ».

Les centres qui en bénéficient doivent naturellement rendre compte sur les fonds reçus en fournissant un bilan du projet réalisé et des objectifs atteints selon les critères d’évaluation qui ont été fixés dans le document de projet. Mais cette contrepartie – normale – en vaut la chandelle et chacun.e y trouve son compte : centre, bénéficiaires, FASe, donateur, et au final la société que ces projets contribuent à pacifier.

 

Mais après ?

Une fois le financement terminé, que se passe-t-il ?

Certains projets s’éteignent d’eux-mêmes. Ils ont fonctionné le temps du financement, puis ils s’étiolent, montrant ainsi qu’ils n’avaient pas vocation à perdurer.

C’est le cas d’un projet « Activités multisports » que la Carambole a développé en 2017-2018 en collaboration avec le Jardin Robinson du Lignon et avec le soutien du fonds Alimentation et Mouvement. Ce projet mettait à disposition des jeunes des salles de sports sous la supervision de moniteur.trice.s pour leur permettre de s’initier en toute sécurité à d’autres sports que le foot. Le projet incluait aussi un goûter équilibré pour les sensibiliser à une alimentation saine après le sport. Au fil des deux ans, les jeunes du projet ont grandi. Quelques-uns sont partis, entraînant petit à petit les autres.

Cela n’enlève rien à la pertinence du projet au démarrage. Mais en se détournant progressivement de l’activité, le public cible, en l’occurrence les jeunes, vient simplement dire aux initiateur.trice.s qu’il est temps de passer à autre chose. Le centre a donc décidé de ne pas poursuivre le projet sous cette forme. Une salle de sport reste à disposition des jeunes pour le foot et un goûter plus simple leur est toujours offert, mais sur le budget du centre.

La durée maximale des financements du fonds Ados-Été – deux ans – n’est sans doute pas étrangère aux spécificités du public adolescent, par définition volatil.

Du côté du Jardin Robinson d’Onex, un projet d’animation itinérante lancé en 2015 pour toucher les enfants du quartier qui ne viennent pas au centre a été financé pendant trois ans par le FACS. Ce qui lui a notamment permis d’acquérir un triporteur et de valider la pertinence de ce format d’animation. Pour la poursuivre après le FACS, l’équipe a donc réorganisé ses horaires de manière à ce que l’activité puisse s’intégrer au budget de fonctionnement du JR, sans l’augmenter.

© Jardin Robinson Onex

À la Maison Vaudagne, Marie-Laure Pinatel anticipe et réfléchit déjà à la manière dont le projet « Quartier libre » pourrait se poursuivre au-delà des trois ans du financement FACS.

La Carambole pourrait aussi envisager de pérenniser le projet Ados-Été de découvertes des régions de Suisse s’il rencontre le même succès l’année prochaine. Il pourrait par exemple entrer dans le budget de fonctionnement du centre, ou être soutenu via le contrat de quartier.

L’intégration des migrants en MQ à la croisée des chemins

Du côté du projet « Intégration des enfants migrants en maison de quartier » aux Asters-Servette et Pré en bulle, le financement accordé par le FACS prendra fin en juin 2020. Le minutieux travail de réseau et de mise en place a porté ses fruits : les enfants prennent une respiration hors du foyer de requérants dans lequel ils vivent, ils approfondissent le français dans un cadre plus ludique que l’école, ils s’épanouissent un peu plus. Leurs familles s’intègrent autrement, quel que soit leur statut. D’autres attendent de vivre cette expérience à leur tour. Mais, tandis que le projet a fait la preuve de sa pertinence, qu’il est aujourd’hui pleinement reconnu par les différents acteurs impliqués dans le foyer, se pose la question de sa pérennisation.

Cécile Caminada, animatrice à la MQ Asters-Servette, et Christel Moretto ont récemment rencontré la FASe pour discuter des options qui pourraient être activées pour prendre le relais du FACS et ainsi assurer la poursuite du projet. Avec le soutien de la FASe, des contacts vont être pris avec la commune et d’autres institutions. Mais pour l’heure, rien n’est sûr. « Ce projet est un outil de travail qui nous permet de toucher les familles de migrant.e.s à travers les enfants. Si nous ne trouvons pas de financement, tout cela sera perdu », s’inquiète Cécile Caminada.

Rendre les possibles durables

Les fonds créés par la FASe sont utiles et nécessaires. Ils ont permis à des équipes, des jeunes, des habitant.e.s de tester des idées et à bien des projets de voir le jour pour un mieux-vivre ensemble.

Ils sont donc un encouragement pour toutes les associations de centres qui ont envie d’innover dans leurs pratiques et dans la mise en œuvre de leur mission.

Plutôt qu’elles ne se censurent faute de moyens, ces fonds les invitent au contraire à rêver à ce qu’elles peuvent faire de plus, de mieux, autrement, avec d’autres publics, etc. À franchir le pas de l’impossible au possible.

Mais sans perdre de vue que ces fonds restent des passerelles temporaires, et qu’il faut penser aux moyens de rendre ces possibles durables… Une réflexion pour les centres, mais aussi pour la FASe et ses partenaires, et pour les communes.

[1] FASe, Rapport d’activités 2018, p. 29

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Les fonds disponibles en bref

FACS : fonds d’appui à la mise en œuvre de la politique de cohésion sociale en milieu urbain, créé en 2013. Soutien au développement de projets innovants qui s’appuient sur une démarche participative et répondent aux besoins des communes et quartiers cumulant plusieurs facteurs de précarité selon les critères du Centre d’analyse territoriale des inégalités de Genève – CATI-GE.

FINC : fonds pour l’inclusion, créé en 2016. Prise en charge financière d’un accompagnement professionnel durant des actions FASe d’enfants et de jeunes à besoins éducatifs particuliers ou en situation de handicap, en complément avec les partenaires spécialisés comme Cap Loisirs.

Alimentation et Mouvement : fonds créé en 2014. Soutien à des projets de promotion d’une alimentation saine et de l’activité physique chez les 6-10 ans.

Ados-Été : fonds créé en 2006. Soutien au développement de projets estivaux, spécifiques et innovants, pour les 13-18 ans.

PRISM, un nouveau fonds pour prévenir le racisme : le Bureau de l’intégration des étrangers (BIE) et la FASe vont prochainement proposer des aides pour cofinancer des projets annuels de prévention du racisme et des discriminations conduits par des centres FASe et des équipes hors murs pour la période allant de 2019 à 2021.

Objectifs du fonds : déconstruction des stéréotypes et mécanismes en jeu dans le cadre des différents types de racisme, notamment pour prévenir les discriminations anti-réfugié.e.s, anti-Noir.e.s, l’antisémitisme et l’hostilité envers les Musulman.e.s ou envers les Roms.

Ces aides viendront en complément des financements de la FASe, des communes ou d’autres parties prenantes. Le montant initial annuel du fonds s’élève à CHF 25’000 (CHF 5’000 maximum par projet).

Pour en savoir plus sur les règlements, délais et critères d’attribution de ces fonds, parlez-en avec les équipes d’animation dans vos centres.