« Nous nous sommes battu.e.s pour la dimension associative »

© Pixabay                                                 La Lettre de la Fédération no 18 – Mars 2020

A la table des négociations pour la révision de la CCT FASe, la délégation du partenaire Personnel comptait quatre personnes. Aux côtés de deux représentantes syndicales, Arianne Rieser, animatrice à la maison de quartier Chausse-Coq, a suivi les discussions depuis le début du processus. Elle a été rejointe quelques temps plus tard par Silvio Albino, animateur à la maison de quartier de la Jonction. Il et elle nous livre en dialogue leur lecture de ce dossier vieux de 10 ans…

Vous êtes délégué.e.s du Personnel FASe pour les négociations en vue de la révision de la CCT. Depuis quand ? A quel titre ? Comment avez-vous été « désigné.e.s » ?

Arianne Riesen (AR) Je suis déléguée syndicale du SIT (Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs) depuis 2010. J’ai été élue par le personnel de la FASe syndiqué au SIT pour les représenter dans les négociations sur la CCT.

Silvio Albino (SA) Je je suis délégué syndical du SSP-VPOD (Syndicat des services publics) depuis 2014. J’ai aussi été élu par mes collègues syndiqué.e.s. Nous avons été élu.e.s l’un et l’autre parce que nous avons une expérience du métier.

Pour le Personnel, et le terrain de l’ASC à Genève, quels étaient les enjeux de la révision de la CCT ? A la fois sur le fond et sur le déroulement des négociations ?

(AR) Sur le fond, les congés compensatoires étaient un des gros points.

(SA) C’est vrai, mais c’était un peu l’arbre qui cachait la forêt. Le vrai enjeu, c’était que beaucoup de personnes travaillaient au sein de l’institution sans cahier des charges parce qu’elles avaient été engagées à des fonctions non répertoriées dans la CCT. Le fait que les cahiers des charges soient inclus dans la CCT est une de ses spécificités. À l’époque, la CCT ne comptait que six ou sept fonctions [contre plus de 20 dans la nouvelle CCT]. Or, certaines des fonctions sans cahier des charges sont fondamentales, par exemple les coordinatrices et coordinateurs régions. De mon point de vue, il y avait une forme d’illégalité à ce que des personnes soient engagées sans cahier des charges. C’était également grave du point de vue du partenariat social entre la FASe et le personnel. Les autres enjeux étaient importants mais étaient plus techniques.

(AR) Sur le déroulement des négociations, et jusqu’au bout, je trouve que le partenariat social n’a pas été bien traité pendant le processus. Devoir travailler beaucoup sur ce dossier ne m’a jamais fait peur. Je devais échanger avec les collègues, bien comprendre les positions parce que je devais défendre une cause, un métier, un projet de société. Donner du temps pour cela ne m’a jamais posé de problème. Mais j’avais parfois l’impression qu’on se moquait de nous. On ne recevait pas tous les documents, ou pas à la bonne adresse, des séances étaient annulées à la dernière minute… Cet aspect-là était lourd.

(SA) De notre côté, nous ne voulions pas que les séances se passent pendant les heures d’animation car pour pouvoir défendre les conditions de travail, nous devions resté.e.s connecté.e.s au terrain. Il faut bien comprendre que chacune de ces séances avait un coût et il en a eu beaucoup, qui duraient parfois longtemps (jusqu’à 6 heures à la fin). Quand on imagine le coût du processus, cela me posait problème et c’était très frustrant d’aller à ces réunions sans que les dossiers n’avancent.

Pouvez-vous rappeler le contexte de cette révision ?

(AR) Les renégociations se sont ouvertes en 2007. En 2010, comme les discussions avaient de la peine à aboutir, les délégations Personnel et Employeur ont signé un protocole d’accord sur plusieurs points et se sont engagées à tout mettre en œuvre pour qu’en juin 2010. le travail aboutisse à une nouvelle CCT.

A l’époque, les discussions étaient notamment centrées sur les congés compensatoires. Les délégations sont arrivées à un accord. Mais il n’est pas passé au Conseil de fondation et le partenaire Employeur a décidé unilatéralement de suspendre les négociations.

Ça coïncidait avec l’arrivée d’une nouvelle équipe au Secrétariat général de la FASe. La priorité a été mise sur la révision d’autres textes comme les statuts, le règlement interne, le projet institutionnel plutôt que sur la CCT. Il fallait d’ailleurs veiller à ce que ces textes ne soient pas en contradiction avec la CCT de l’époque. L’annexe « Procédure d’engagement » du règlement a notamment posé problème. On sentait bien à ce moment-là qu’il y avait une incompréhension sur ce qu’était le partenariat social.

(SA) C’est une différence majeure : le partenariat institutionnel avec ses quatre partenaires (trois « Employeurs » et nous « Personnel »), ce n’est pas la même chose que le partenariat social matérialisé par la CCT et dans lequel les syndicats interviennent. A l’époque, les responsables de la FASe n’étaient pas au clair de ce qu’était une CCT ni de cette dimension de partenariat social.

(AR) Donc, le Conseil de fondation a adopté un règlement comprenant une contradiction avec la CCT. Une commission paritaire a donc été convoquée. A ce moment-là, ils ont essayé de nous convaincre qu’il ne s’agissait que de détails. Nous avons dû nous accrocher pour rappeler l’enjeu du partenariat social et des nécessaires négociations entre partenaires sociaux. Elles ont repris mais comme elles avançaient difficilement, les parties ont décidé en 2015 de repartir sur un protocole d’accord. Fin 2015, on était finalement arrivé à des décisions sur le 90 % du texte. Restaient les congés compensatoires, les cahiers des charges et la procédure d’engagement. A ce stade, on s’est dit : « votons le texte et gardons les annexes pour plus tard ». Chaque délégation s’est engagée à faire voter son « camp » et nous avons été amené.e.s à croire que la validation finale du Conseil de fondation ne serait qu’une formalité. De notre côté, nous étions tranquilles parce que nous avions fait voter le personnel au fur et à mesure en AG sur tous les articles sur lesquels nous nous étions mis d’accord en négociation. Le Conseil de fondation devait voter, en fin d’année, pendant la grève de 2015. Finalement, il a refusé de rentrer en matière car il voulait voter l’ensemble (le texte et les annexes). Quand nous l’avons appris, ça a été une sacrée claque pour moi.

(SA) Du coup, ça a renforcé notre détermination. Nous avons renvoyé la délégation Employeur à ses responsabilités et lui avons dit : « Quand vous serez décidés à discuter sérieusement, vous nous recontacterez ». Il a fallu une année. Pendant ce temps-là, l’ancienne CCT restait valide. Pour nous, elle tenait à peu près debout. Mais comme la plupart des fonctions non listées étaient des fonctions au sein de la FASe, nous ne les reconnaissions pas.

Mais en tant que délégué.e.s du personnel FASe, vous deviez quand même représenter tout le monde ?

(SA) Absolument, et nous nous sommes toujours battu.e.s pour tout le personnel de la FASe, à l’exception du Secrétaire général dont la fonction ne dépend pas de la CCT. Et, dans les centres, pas seulement pour les animatrices et animateurs, mais aussi pour tou.te.s les autres employé.e.s.

(AR) En tant que professionnelle de terrain, ce qui m’importait, c’était de traduire les textes en faisant attention aux répercussions pour le terrain : défendre les conditions de travail et aussi l’animation socioculturelle, et veiller à ce que ce qui était décidé ne mette pas en péril l’action. Pour cela, il fallait absolument que tous les gens de terrain soient impliqués.

(SA) Oui, c’était très important. Car on a consenti des sacrifices par rapport à leur protection syndicale pour ne pas entamer les prérogatives des comités. Il y a des points que nous aurions pu faire sauter mais nous avons tenu mordicus pour préserver le sens de l’animation socioculturelle. Par exemple, la mention du lieu de travail qui figure dans nos contrats de travail. A l’époque où j’ai commencé à travailler, pour moi, je n’étais pas engagé par la FASe mais par le comité de la maison de quartier de la Jonction. Ma loyauté va en premier lieu à l’association pour laquelle je travaille. Le Secrétaire général nous a toujours fait remarquer que cet aspect du contrat est plutôt problématique en ce qui concerne la défense des droits du/de la travailleur.se et il a raison. Mais ce qu’on défendait à travers cela était ailleurs : nous voulions préserver le lien intrinsèque entre le travail qu’on fait et la structure associative dans lequel on le fait, et hors de laquelle, selon nous, il n’y a pas d’animation socioculturelle. Pour des raisons de vision, nous renoncions donc à certains de nos droits parce nous défendions les prérogatives des associations et des comités.

(AR) C’était une position difficile à tenir pour nous : nos secrétaires syndicales [qui participaient aussi aux négociations] étaient « hallucinées ». Nous nous sommes battu.e.s pour la dimension associative car pour faire de l’animation socioculturelle, la meilleure structure, c’est l’association Nous nous battions pour un projet de société.

Comment avez-vous gardé les liens avec le personnel pendant la durée du processus ?

(AR) Il était essentiel de pouvoir compter sur le collectif. Nous avions besoin de la matière du terrain, c’est aussi là-dessus que s’est fondée notre légitimité dans les négociations. Nous avons donc toujours entretenu le lien avec le terrain, nous avons aussi été beaucoup à la disposition de nos collègues qui avaient besoin d’éclairage. Et puis, comme nous l’avons dit, nous faisions voter chaque article négocié en AG. Nous avons aussi gardé le lien avec la FCLR. C’était important de ne jamais être en opposition, mais au contraire d’être alliés, pour le bien des quartiers et des habitant.e.s. C’était étrange d’une certaine manière que notre allié naturel soit du côté de l’employeur mais c’est normal puisque les comités sont nos employeurs et nos partenaires particuliers.

Les négociations ont duré plus de 10 ans. Les enjeux ont-ils évolué avec le temps ? Si oui, dans quel sens ?

(SA)  Au fur et à mesure du temps, on avait le sentiment de se battre aussi pour freiner la centralisation, pour ne pas tuer la créativité des centres et de l’animation socioculturelle. D’après la loi J 6 11, la mission de la FASe est au service des centres. Or, on a l’impression que de plus en plus, ce sont les centres qui doivent soutenir le travail de la FASe, lui fournir de la matière. Pourtant, la MQ Jonction est un espace que la commune a confié à l’association de la MQ et pour lequel elle finance les trois quarts des coûts, fonctionnement et salaires inclus.

Finalement les partenaires sont parvenus à un accord et une nouvelle CCT a été adoptée. Le dossier est-il clos pour autant ?

(SA) Deux points posent problème. A commencer par la mise en application de l’article 18 sur les congés compensatoires. Elle va être compliquée entre équipes et comités. Jusqu’à maintenant, l’article 18 donnait trois semaines de congés compensatoires à toutes les personnes impliquées dans des activités d’animation avec des horaires arythmiques. Le principe était que les inconvénients liés à la profession méritaient compensations. On avait opté à l’époque pour un forfait (une semaine par quadrimestre). Puis, un fantasme s’est installé chez l’employeur selon lequel le personnel trichait, abusait de ces compensations. De plus, des tentatives pour « déforfaitiser » ces congés avaient rendu le système de plus en plus complexe. Un audit interne de l’État a relevé qu’il y avait des applications différentes selon les lieux ce qui posait un problème de différence de traitement entre les employé.e.s. Sur un plan syndical, cette situation était bien sûr inacceptable.

Quand les négociations ont reprises sur ce point, l’enjeu pour l’employeur FASe était de faire tomber ce forfait. Pour nous, il s’agissait d’améliorer le système de forfait sans faire de l’épicerie. La FASe a d’abord proposé une compensation avec une majoration des heures, à hauteur de trois semaines maximum (au-delà, le personnel concerné aurait travaillé sans compensation). C’était bien entendu impensable. Notre position était très claire : si la compensation est plafonnée, le nombre d’heures hors horaire administratif exigibles des employé.es doit être également plafonné.

Après négociations, nous avons abouti au système suivant : une semaine forfaitaire pour ce qui n’est pas quantifiable (remplacements au pied levé, longues journées sans pause). Les deux autres (une par semestre maximum) sont octroyées en fonction du temps travaillé hors horaire administratif.

Mais dans les gros centres, ou ceux qui travaillent avec une population spécifique (les ados notamment), les gens travaillent principalement après 18h ou le week-end. Si les centres appliquent cet article 18 à la lettre, ils vont vite arriver au bout des plafonds et les équipes d’animation vont se retrouver coincées à devoir refuser de travailler. Les collègues ont de la peine à envisager de devoir dire non à leurs comités, ça va à l’encontre de leur êthos (au sens grec du terme : une disposition de l’âme, de l’esprit) professionnel, certain.es ont peur de se faire virer, sans parler de la crainte face à la réaction des publics à qui on dira que l’activité ne peut pas être réalisée.

Nous ne voulions pas faire échouer les négociations sur toute la CCT pour cet article. Mais en fait, on perd le sens du travail : l’animation est un boulot qui demande de l’engagement et cela mérite compensation. Au même titre que les personnels qui travaillent quand les autres sont en congés, comme ceux de la santé, etc.

(AR) On n’a jamais réussi à faire comprendre que les gens sont généreux dans ce métier et qu’ils ne viennent pas pour profiter. La négociation a révélé l’image que l’employeur a de nous, et ça, c’est difficile à vivre. Maintenant, si en effet, cela ne fonctionne pas, on pourra remettre l’ouvrage sur le métier et renégocier cet article. Entre temps, on peut aussi demander à la commission paritaire de rédiger une fiche d’interprétation de l’article.

Parfois, quand on est très engagé, on ne se rend plus compte d’aller trop loin. Est-ce que le but n’était pas de protéger les gens contre eux-mêmes ?

(AR) C’est en effet un des arguments qui nous a été donnés. Mais c’est très paternaliste ! Et il ne faut pas oublier que d’autres articles de la CCT nous protègent. Par exemple, on ne doit pas travailler plus de trois soirées par semaine et deux week-ends par mois, etc. Dans les discussions autour de cet article 18, nous n’avons finalement pas réussi à faire entendre la réalité du terrain, Donc, il faut l’appliquer et recenser les défauts pour continuer à l’améliorer.

Et quel est le deuxième point ?

(SA) Le cahier des charges des coordinatrices et coordinateurs région. C’est une des difficultés pour nous, employé.e.s : la volonté de la FASe d’inscrire dans le cahier des charges la dimension hiérarchique vis-à-vis des animatrices et animateurs. Or, redisons-le, dans les centres et maisons de quartier, bref, dans les lieux associatifs, notre employeur au quotidien, c‘est le comité : c’est lui qui nous dit ce qu’on doit faire. Pour nous, l’enjeu était de ne pas devoir rendre des comptes à deux employeurs et d’être écartelé.e.s entre les deux en cas de conflit entre ces deux instances. Ce point n’est pas un phantasme, des situations de ce genre existent et donnent lieu à de la souffrance dans les équipes. Nous tenions absolument à minimiser les risques que cela se produise. Le sujet a donc été longuement discuté et a donné lieu à des séances animées.

La FCLR avait aussi des enjeux à défendre sur ce dossier, notamment les prérogatives des comités. Nous étions totalement sur la même ligne.

(AR) Nous avons eu de la peine à faire comprendre à l’État et aux communes que le pilotage de l’activité d’une maison de quartier est hybride. Historiquement, la loi J 6 11 dit clairement que ce sont les associations qui sont responsables de la politique d’animation. Nous avons dit et redit pourquoi pour nous, c’est du comité que nous recevons les instructions et c’est à lui que nous devons en référer, pour les horaires par exemple.

(SA) A un moment, il y a eu un début d’ouverture : nous reconnaissons évidemment le rôle hiérarchique du Secrétaire général de la FASe pour tout ce qui relève de la gestion RH du personnel (avancement de carrière, annuités, etc). En effet, si le comité est mécontent d’un.e professionnel.le, il peut se tourner vers la FASe. Partant de là, nous avons donc proposé une version intermédiaire sur le lien entre les équipes d’animation et la coordination région : la coordinatrice ou le coordinateur région agit par délégation du Secrétaire général auprès des équipes des centres. C’est le compromis que nous avions proposé et qui avait dans un premier temps été accepté par la délégation Employeur avant qu’elle ne change d’avis.

Finalement, une autre proposition est apparue en toute dernière minute le 17 décembre 2019. Elle est venue de Gabriel Barta, le délégué de la FCLR (voir l’article à la Une de la même Lettre “L’enjeu de fond n’était pas seulement la CCT”) avec une proposition de tableau qui précise la répartition des prérogatives entre comités et coordinatrice / coordinateur région. Ce jour-là, nous sommes arrivé.e.s devant la salle de réunion pour la dernière séance. C’était la séance de la dernière chance pour adopter un texte avant la fin de l’année. Soit on signait, soit les 10 ans de négociations capotaient ! Quand nous sommes arrivé.e.s, la porte était close : les délégué.e.s Employeur étaient en discussion et on attendait dehors… Nous savions que ce tableau existait mais nous l’avons découvert en séance. Le partenaire Employeur bataillait et Gabriel pensait que ce tableau était la solution pour sauver la CCT. En tant que délégué.e.s du partenaire Employé, nous n’avons pas interféré dans leurs discussions. On voyait l’heure tourner, c’était un scénario rocambolesque. Finalement, c’est passé. C’était la moins pire des solutions. Mais, sur la question des horaires et des compensations, le tableau indique que les comités sont « responsables » et que la coordination région « contrôle ». Ce qu’on sent poindre, c’est la main mise de la FASe sur le pouvoir de décision de la FCLR, des comités et des associations.

(AR) Il faut lire attentivement le tableau. Il ne dit pas que les coordinatrices et coordinateurs région contrôlent les comités, comme l’ont dit certain.e.s. Ce tableau doit nous permettre de savoir quelles sont les prérogatives de chacun.e, pour protéger les employé.e.s des centres et clarifier et renforcer leur relations avec les comités.

(SA) Nous devons maintenant suivre avec attention le travail qui a lieu autour du projet institutionnel de la FASe. Il faut qu’il exprime clairement ce que nous sommes collectivement et pourquoi nous travaillons ensemble, dans le respect des valeurs de la charte cantonale et de l’animation socioculturelle. Ne trouvez vous pas, tout de même, qu’il y a quelque chose d’étrange à devoir rappeler ce qui devrait être une évidence pour une institution qui s’appelle la Fondation pour l’animation socioculturelle ?

Dix ans de négociations, c’est long ! Comment reste-t-on mobilisé.e sur un dossier comme celui-là ?

(AR) Le collectif ! Savoir que ce travail était utile pour tous. Ce processus a aussi été un apprentissage. J’ai appris énormément de choses techniques mais aussi sur moi : le droit de me mettre en colère contre un Secrétaire général, l’abnégation aussi. C’était passionnant !

(SA) Même chose pour moi. Mais surtout, on est parvenu à des progrès pour l’ensemble du personnel. La CCT a étendu des droits et clarifie les relations de travail pour de nombreuses personnes. J’ai souvent eu envie de quitter la table mais nous nous sommes accroché.e.s, et avons tout fait pour que les collègues travaillent dans de bonnes conditions. Je sais que je parle au nom d’Arianne également, je tiens tout particulièrement à remercier nos secrétaires syndicales et syndicaux, Mirella Falco, Filipa Chinarro puis Quentin Stauffer qui ont fait un boulot remarquable.

(AR) Et c’est historique ! Si j’avais pris la mesure de ce que ça représentait avant de m’engager, je n’aurais jamais osé y aller ! Enfin, elle est globalement bien, cette nouvelle CCT.

(SA) Il y a eu des compromis sur les deux points évoqués plus haut. Maintenant il va falloir trouver des solutions satisfaisantes pour tout le monde, notamment sur les congés compensatoires. Nous devons notamment suivre de près le projet d’outil informatique dont  nous parle la FASe pour “aider les comités” avec la gestion des horaires…

« L’enjeu de fond n’était pas seulement la CCT »

© Pixabay                                                     Lettre de la Fédération n°18 – Mars 2020

Au cours des quelque.. 10 ans qu’a duré le processus de révision de la CCT FASe, plusieurs personnes se sont succédé à la table des négociations pour représenter la FCLR dans la délégation Employeur. Membre du comité de la maison de quartier Acacias, Gabriel Barta a été le dernier. Il nous raconte quels étaient les enjeux des discussions pour la FCLR et comment il a vécu les ultimes « rounds » de discussions jusqu’à l’accord final.

Vous êtes le délégué de la FCLR pour les négociations pour la révision de la CCT. Depuis quand ? Et comment avez-vous été « désigné » ?

Une CCT doit être approuvée par toutes les parties, et les négociations doivent être paritaires. La CCT FASe prévoit que la Commission paritaire compte le même nombre de représentant.e.s (quatre) du côté Employeur et du côté Personnel ; le groupe de négociation pour la révision de la CCT a été modelé là-dessus. La FCLR fait partie de la délégation Employeur, elle y représente les associations de centres. Je suis son délégué depuis septembre 2017. J’ai longtemps été le suppléant de Richard Noli qui a participé aux négociations depuis qu’elles ont commencé. Elles ont été interrompues à deux reprises, la dernière fois en 2015. Lorsqu’elles ont repris en 2016, Richard a pensé que le moment était venu de passer la main. J’ai été élu en AG de la FCLR.

Quels étaient les enjeux pour la FCLR, proche du terrain, et donc du personnel des centres ? A la fois sur le fond et sur le déroulement des négociations ?

La CCT entrée en vigueur en 2010 posait des difficultés majeures. Dès cette époque, nous voulions changer des choses. Il y avait bien sûr un enjeu légal pour garantir l’égalité de traitement de toutes les personnes occupant la même fonction. Mais il y avait également beaucoup d’autres enjeux sur les conditions de travail. Par exemple, quand une commune veut décider des actions à mener, comme cela a été le cas pour certains centres. Pour nous, l’enjeu de fond n’était donc pas seulement la CCT. Nous voulions faire accepter par tous les partenaires le principe de l’autonomie associative, selon lequel, sur le terrain, ce sont les comités des associations qui décident.

En parallèle, il y avait plusieurs enjeux spécifiques. Ainsi la question des congés compensatoires qui n’était pas mise en œuvre partout de la même manière selon les centres. Ce point présentait une difficulté pour la FCLR : il fallait prendre soin du personnel mais donner des congés supplémentaires privait les centres des forces disponibles pour mener les actions. Nous ne faisions pas obstacle aux congés compensatoires mais donner trois semaines forfaitaires de congés compensatoires systématiquement à tout le monde ne nous semblait pas faire sens à partir du moment où ils ne se justifient pas pour tout le personnel. En ce sens, la FCLR était des « deux côtés de la barrière ».

La « Fédé » a essayé de formaliser une proposition en 2018. Mais ni les autres membres de la délégation Employeur, ni les délégué.e.s du partenaire Personnel n’en ont voulu. Finalement, nous sommes parvenu.e.s à un accord fin 2019, chaque partenaire ayant fait une concession : la délégation Employeur a accepté d’octroyer une semaine forfaitaire pour tout le monde (équipe d’animation et tout le reste du personnel). Le Personnel a accepté que les deux autres semaines de congés compensatoires ne soient pas forfaitaires mais soient accordées selon des heures de travail effectives.

Quant à l’enjeu de la hiérarchie entre le Secrétariat général de la FASe et les équipes d’animation, le plus gros et le plus difficile, il a été résolu à la toute dernière minute. Certains comités de centres n’étaient pas très au clair avec ce que voulait dire la hiérarchie. Certains la refusaient tout court. Dans les faits, c’est le bureau de la FASe qui fait signer les contrats de travail individuel du personnel des centres. Idem pour les licenciements : si une association veut virer une personne de son équipe, elle ne peut pas le faire sans la FASe. Il faut donc bien qu’il y ait une hiérarchie quelque part. On a regardé du côté du Secrétaire général qui a de fait ce lien hiérarchique avec les animatrices et animateurs puisque c’est lui qui signe, sur décision du collège de direction de la FASe, les contrats de travail et les lettres de licenciement. Mais, avec 300 à 400 animatrices et animateurs sur le canton, le Secrétaire général estimait qu’il ne lui était pas possible d’être le supérieur hiérarchique de tout ce monde.

Donc toute la controverse était de savoir si les coordinateurs et coordinatrices région pouvaient être les supérieur.e.s hiérarchiques des animatrices et animateurs, par délégation du Secrétaire général. Pour la FCLR, la réponse était non car le risque était trop important que ces personnes interfèrent dans le quotidien des centres. On ne voulait donc pas de hiérarchie entre cette fonction et les animatrices et animateurs.

Mais que faire lorsque les sphères de responsabilité des comités et des coordinateurs et coordinatrices région se chevauchent ? Il fallait une responsabilité quelque part. C’est cet élément qui manquait jusqu’à la toute fin des négociations… Nous étions en décembre 2019 et ça coinçait encore là-dessus alors que les négociations devaient s’achever en fin d’année. J’ai réfléchi et tout à coup, j’ai eu une idée. Dans la toute dernière séance de négociation le 17 décembre, j’ai proposé un tableau qui répartissait les compétences pour chaque : qui est « responsable » entre les comités et les coordinateurs et coordinatrices région. Ce document a débloqué la situation.

Il permet de formaliser un cadre de fonctionnement, sans parler de « hiérarchie » mais de « responsabilité », auquel équipes, comités et FASe peuvent se référer. Ce tableau fait partie intégrante de la CCT puisqu’il est intégré au cahier des charges des coordinateurs et coordinatrices région.

Comment se forgeaient et se décidaient les positions de la FCLR pendant le processus ?

J’avais un groupe de soutien composé de Claude Bodmer (coordinateur fédératif), et Richard Noli et Didier Roulet (membres du Comité de la FCLR). Je leur transmettais les informations sur l’avancée des discussions et ils me donnaient leur avis. Je les sollicitais pour savoir s’il fallait consulter plus loin, notamment le Comité ou l’Assemblée générale, ou s’il fallait constituer un groupe de travail sur un sujet particulier. C’est ce que nous avons fait pour les congés compensatoires par exemple.

En dehors de cela, j’avais reçu un mandat général de l’Assemblée générale qui m’a élu délégué. Mais tout à la fin du processus, j’ai quand même consulté l’AG qui a eu lieu juste avant la dernière séance de négociations le 17 décembre : j’ai reçu un mandat absolu de refuser le mot « hiérarchie » dans le cahier des charges des coordinateurs et coordinatrices région.

Je comprenais le principe et étais d’accord avec l’enjeu de l’autonomie des associations mais éliminer le mot hiérarchie, c’était complexe à négocier. Et surtout que faire s’il y avait eu un compromis de sept délégué.e.s d’accord avec une option incluant le mot hiérarchie et que j’aurais été le seul contre ? A ce moment, j’ai pensé que me donner ce mandat était compliqué. Finalement, le tableau a permis de résoudre cette tension puisqu’il n’utilise pas le mot hiérarchie.

En fait, l’AG ne pouvait que me donner un mandat large pour me laisser une marge de manœuvre et pouvoir faire avancer les discussions. Je pouvais le faire car je suis engagé depuis longtemps et que je connais bien les positions de tout le monde au sein de la FCLR.

Mais on ne pourra pas éviter par la CCT qu’un.e coordinateur.trice région s’immisce. La seule manière de l’éviter passera par un management correct au sein du Secrétariat général de la FASe.

Le processus de négociations a duré 10 ans ! Comment reste-t-on mobilisé sur un dossier comme celui-là ?

(Rires) Je suis un cas un peu spécial parce que je suis plus porté sur les dossiers que sur les personnes. Tant que le dossier continue, je reste mobilisé. Et pour moi, les choses n’ont duré « que » trois ans. C’était lent et difficile parce que les gens n’étaient pas d’accord, ne s’écoutaient pas, ne se faisaient pas confiance. Mais ce n’était pas bloqué et je suis donc resté mobilisé.

Notre problème, c’est que beaucoup de gens sur le terrain n’ont pas confiance dans le « centre », c’est à dire le Secrétariat de la FASe et parfois la FCLR, et que le centre ne fait pas non plus confiance à la périphérie. Assez souvent, les gens ont réagi de part et d’autre très rapidement, sur la base d’exemples. Pourtant, on ne peut pas tout juger avec un seul exemple qui n’a pas fonctionné, ni dans un sens ni dans l’autre. Ce qui était difficile, c’était cette rigidité sur des positions et le manque de confiance.

Comment avez-vous vécu les deux dernières années du processus ?

Très bien ! Je réagis assez bien aux réunions qui progressent lentement. Le processus m’intéresse, pas seulement le résultat. Les gens qui ne s’intéressent pas au processus mais seulement au résultat perdent patience.

En ce qui me concerne, je voyais les résultats au fur et à mesure des séances. Mais évidemment sans savoir si le résultat final serait satisfaisant…

Un accord a été trouvé et la nouvelle CCT va entrer en vigueur. Le dossier est-il clos pour autant ?

Cette CCT est une avancée et, de mon point de vue, la FCLR peut être satisfaite.

Mais la question de l’autonomie des associations n’est toujours pas réglée. Cette question de fond sort de la CCT mais le fait qu’elle n’ait jamais été résolue a pesé sur les négociations qui en ont souffert !

La mise en œuvre de la CCT va la relancer. Il va falloir notamment que le Directeur opérationnel de la FASe veille à ce que les coordinatrices et coordinateurs région respectent le partage des responsabilités établi dans ce fameux tableau. Et même chose du côté des comités, ils devront accepter que les coordinatrices et coordinateurs région fassent leur travail.

D’après le tableau, il est évident que les animatrices et animateurs ont deux employeurs. Mais les gens ont des interprétations différentes de la notion d’employeur. Cela cause des quiproquos. Dans notre contexte FASe, dire qu’il n’y a qu’un seul employeur, c’est faux. Il faut donc commencer par s’accorder sur le fait qu’il y ait deux employeurs.

Selon demande de GB, passage à avaliser par PAT

Or, les deux avis de droit qui ont été rendus se contredisent totalement. L’un dit que l’association est l’employeur à de nombreux égards ; l’autre dit que l’association n’est pas du tout l’employeur

Cela touche clairement l’enjeu de l’autonomie des associations. Il faut absolument le résoudre et clarifier la manière dont cette autonomie peut s’exercer et là où elle ne le peut pas. Un groupe de travail avec la Fédé et le Secrétariat général va être constitué pour travailler sur ce qu’on comprend de cette autonomie d’un point de vue partenarial. Et pour éviter qu’on ne se contredise sans arrêt.

Un dernier mot?

En AG du personnel, il y a eu quelques abstentions mais personne n’a voté contre la nouvelle CCT. Même chose au Conseil de fondation de la FASe : aucune opposition mais une abstention qui a mis au jour la question particulière des ludothèques qui sont gérées par la FASe pour des raisons purement administratives mais financées par les communes. Certains éléments sur les congés compensatoires auront des conséquences financières pour les communes. D’où cette abstention d’un représentant d’une commune. La commission paritaire de la FASe va reprendre cette question et il est probable que de nouvelles négociations soient nécessaires pour la résoudre.

RIA 2019 : la FLCR met à l’honneur l’engagement citoyen dans l’ASC et « le participatif : du local au global »

Au côté de Madame Sonja Hanachi, membre du comité de la FCLR, Messieurs Claude Bodmer, coordinateur FCLR et Jean-Claude Gillet, Professeur honoraire des universités, Président honoraire du Réseau International de l’Animation (RIA). © RIA

                                                                  Lettre de la Fédération no 17 – décembre 2019

 

Pour sa neuvième édition, le colloque du Réseau international de l’animation (RIA) s’est réuni à à Lausanne du 4 au 6 novembre dernier sur le thème des « défis et enjeux des territoires pour l’animation socioculturelle ». Les territoires ? « parce qu’ils sont toujours plus larges, toujours plus flous et que cela permet de plus en plus de travailler avec d’autres métiers », confie Joëlle Libois, directrice de la Haute école de travail social (HETS) de Genève à Guillermo Montaño, coordinateur de la FCLR. L’autre particularité de cette édition, c’est que plusieurs écoles sociales se sont associées pour l’organiser, autour d’un comité inter-école rassemblant la Haute école de travail social et de la santé | EESP | Lausanne, la Haute école de travail social (HETS) de Genève, la Haute école de travail social Valais/Wallis de Sierre et la Haute école de travail social de Fribourg. En parallèle des sessions à l’EESP, des visites de terrain dans différents centres d’animation socio-culturelle (ASC) de la Romandie ont également été organisées.

La FCLR fait partie des «habitué.e.s» qui se retrouvent tous les deux ans pour avancer ensemble autour de l’ASC. « C’est une des spécificités du RIA, ce groupe qui se retrouve. Cela permet d’avoir des échanges en profondeur », explique Joëlle Libois, ajoutant encore que « cette année, l’Algérie qui avait accueilli l’évènement il y a deux ans, était un peu au cœur du RIA 2019 suite aux évènements qui se déroulent actuellement dans le pays ».  Membre du comité de la « Fédé » et de celui du Quart’Île à Vernier, Anna Conti a doublement participé à cette édition parce que pour la première fois, la FCLR présentait une communication. Inscrite dans l’axe 4 des « territoires méthodologiques », son thème était « Le participatif : du local au global ». Anna nous raconte.

 

Madame Anna Conti, membre du comité FCLR. © FCLR/CML

Comment êtes-vous « tombée dans la marmite » de l’ASC ?

Je ne connaissais pas l’ASC, je n’ai jamais été usagère de maison de quartier. J’ai découvert l’ASC à travers mes fonctions politiques, donc par hasard. J’étais élue communale à Vernier et je siégeais à la commission sociale. A ce titre, j’étais déléguée de la commune de Vernier au comité de la maison de quartier L’Alibi (devenue le Quart’Île). Puis, je suis entrée au comité. Quatre ans plus tard, je suis devenue présidente pendant cinq ans. Aujourd’hui, je suis toujours au comité. Cela fait 20 ans !

 

Vous avez participé au 9e RIA en novembre dernier. Pouvez-vous nous parler d’un moment ou d’une expérience qui vous a plus particulièrement frappée ?

Dans un des ateliers auquel j’ai participé, des animateurs de Sion nous ont fait part de leur « mal-être ». Ils travaillent dans un centre d’animation socioculturelle créé il y a 50 ans. En 2016, le centre a été municipalisé et l’association supprimée. Depuis, les animateurs vivent une sorte de crise d’identité : pour qui travaillent-ils ? La population ou la municipalité ? Où est le militantisme, la volonté de faire changer les choses par l’ASC ? Or, à l’ouverture du RIA, Jean-Claude Gillet (Professeur honoraire des universités et président honoraire du RIA) rappelait l’importance du militantisme qui est à la source de l’engagement de l’ASC.

Dans les écoles, on apprend aux professionnel.le.s, l’histoire de l’animation socioculturelle mais une fois sur le terrain, c’est toute autre chose. Dans le fond, même s’ils ont les moyens de travailler, les professionnel.le.s de Sion sont dans un tiraillement.

Vous avez aussi fait des visites de terrain. Où êtes-vous allée ?

Je suis allée au centre d’animation de Grand-Vennes, à Lausanne. Là-bas, ils ont un projet d’aller dans les quartiers avec une charrette ambulante pour faire de l’animation. Ce sont les animateurs et animatrices qui ont monté le projet. Il y a bien un comité mais ses membres n’ont pas participé à l’élaboration du projet : ils l’ont soutenu et à la fin, c’est la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL) qui donne son accord pour la mise en œuvre du projet. Où est la participation citoyenne ?

 Justement, en parlant de participation citoyenne, parlez-nous de la communication de la FCLR. Quel était l’objectif ?

L’objectif était de montrer comment on peut impliquer des bénévoles dans les projets d’ASC.

On a choisi de le faire à travers deux projets : le projet Discourse de la Commission communication de la FCLR et un projet du Spot dans plusieurs quartiers de Chêne-Bourg. Donc à la fois, un projet au niveau local et un projet au niveau cantonal qui ont tous les deux pour point commun de vouloir impliquer des bénévoles.

Dans la commune de Chêne-Bourg, il y a beaucoup de nouveaux habitant.e.s, de personnes allophones, et différents niveaux socio-économiques. Dans ce contexte, se pose la question de comment favoriser le lien entre ces populations. Le projet « Spot sur les quartiers » élaboré par des professionnel.le.s et des membres du comité (donc bénévoles) du Spot visait à offrir des spectacles interactifs, gratuits et accessibles à tou.te.s dans différents lieux privés (résidences d’immeubles) et réputés populaires de la commune. L’objectif était de renforcer le lien social et le brassage entre personnes de cultures, générations et appartenances sociales différentes, de favoriser la circulation des habitant.e.s au sein des différents quartiers et de rendre accessible à tou.te.s la participation à des évènements culturels.

L’intention pour le Spot était de toucher de nouveaux publics et de leur proposer de prendre une part active à la réalisation du projet. Pour cela, en prélude des spectacles, des moments conviviaux informels étaient organisés en sollicitant les habitant.e.s des résidences pour participer à la gestion opérationnelle des évènements et notamment l’accueil du public, dans cette perspective de rencontre entre tou.te.s. Tâche qui s’est avérée plus difficile qu’imaginé (sentiment d’intrusion, stress d’accueillir, etc.) même si pour finir, le succès des évènements a été plutôt correct et grandissant.

Pour illustrer le niveau cantonal, nous avons parlé d’un projet de la FCLR. Dans le milieu de l’ASC à Genève, c’est important de maintenir le lien entre les membres des comités des 47 associations de centres. Le projet de la FCLR essaie de le faire à travers la plateforme de débat en ligne Discourse et autour de thèmes et de l’actualité du moment. Ce projet a été mis sur pied suite au rapport réalisé par EnQuêtes il y a quelques années et qui relevait un problème de communication entre la FCLR et ses membres.

Le premier thème que nous avons mis en débat au printemps portait sur le principe des procurations aux AG : faut-il modifier les statuts de la FCLR pour ouvrir les AG aux procurations et avoir le quorum ? En amont, il a fallu définir les règles du débat, mettre en place une modération des discussions et réfléchir à la manière d’en faire la synthèse en vue de l’AG. Ce premier débat a rencontré un succès moyen. Mais la plateforme permet de maintenir le lien entre deux AG à la fois entre la FCLR et ses membres et entre les membres. Le deuxième thème concernait les modalités de la mise en place des procurations. Pour celui-là, la participation est restée très modeste.

Un premier bilan montre qu’il faudrait animer des débats en continu. Mais dès qu’un débat est ouvert, une personne au secrétariat doit modérer, relancer les discussions. Cela prend du temps et nous manquons de moyens pour le faire.

À travers ces deux exemples on ne voulait pas pour présenter des projets parfaits. Mais on voulait illustrer la volonté d’impliquer des habitant.e.s, des citoyen.ne.s, montrer que ce n’est pas forcément facile et réfléchir aux moyens d’améliorer les projets.

Monsieur Jean-Marc Goy (en chemise à carreaux), membre du comité de la FCLR et de la MQ Saint-Jean. © RIA

 

En quoi cette approche est originale ?

Déjà, nous avons rédigé la communication à plusieurs mains/voix à la fois des bénévoles (Kete Fluch, Sonja Hanaci, Isabelle Fringuet-Paturle et moi) et un professionnel (Guillermo Montaño), et nous l’avons présentée aussi à plusieurs. Avec ces deux particularités, on a « détonné » dans cette assemblée ! En effet, les participant.e.s étaient quasiment tou.te.s des responsables politiques ou d’administrations publiques, des universitaires ou des professionnel.le.s. En fonctionnant avec des bénévoles, on voit bien que la FCLR et le système genevois de l’ASC sont uniques, une exception.

Et en allant au RIA, quand on entend les expériences de Sion ou de Grand-Vennes à Lausanne, on se dit qu’à Genève, on a de la chance. Les politiques font l’éloge de la participation citoyenne mais dans la réalité, est-ce vraiment ce que ces responsables veulent quand finalement ils et elles remettent en question les compétences données aux citoyen.ne.s il y a des années ? Remettre ce système en question est un risque !

Et puis, c’est aussi un enjeu économique. Quand les habitant.e.s ou les utilisateur.trice.s des lieux sont impliqué.e.s, les aménagements sont plus appropriés aux usages. Pour une maison de quartier, les habitant.e.s peuvent donner des idées qui vont rendre le lien plus idoine, plus adéquat. Ainsi, les gens y viendront plus volontiers, et il y aura moins de retouches à faire que lorsqu’on laisse faire les architectes.

Que retenez-vous de votre participation au RIA 2019 ?

Travailler à plusieurs sur la communication et la présenter, c’était déjà une expérience très intéressante et impressionnante. Il y avait une soixantaine de personnes à l’atelier !

C’était aussi l’occasion d’échanger avec des personnes du Québec, de Belgique, de l’Île de la Réunion, etc., qui ont d’autres manières de faire. On a aussi fait des rencontres avec des personnes extraordinaires, qui prennent beaucoup de risques pour mener des projets d’ASC. Par exemple en Inde ou dans les villes palestiniennes. Et puis nous avons découvert de belles initiatives d’ASC au Locle par exemple, ou en Belgique avec les populations migrantes.

Qu’auriez-vous aimé en plus ?

Il y a eu peu de communication dans les médias autour du RIA. L’ASC n’est pas suffisamment visible. La FCLR va avoir 50 ans et pourtant, à Genève, les gens savent peu que les maisons de quartier sont portées par des bénévoles. D’ailleurs, dans le langage courant, on gomme cette dimension associative : on ne dit pas « je vais à l’association de la maison de quartier », on dit : « je vais à la maison de quartier ».  Il y a un problème de communication là-dessus. Je rêve de faire une campagne d’affichage au niveau cantonal avec des visages et des paroles de bénévoles de centres ! Il faudrait rappeler qu’à l’origine, il y avait le militantisme et la volonté d’être acteur.trice de l’environnement dans lequel on vit.

© Laure Bonnevie

 

Justement, est-ce que cela ne fait pas peur ?

Si c’est le cas, c’est contradictoire : d’un côté, on veut de la participation, et de l’autre, on enlève des compétences aux bénévoles, ce qui, du coup, démotive les personnes engagées.

Si on donne des espaces d’expression aux gens ça contribue à éviter les « pétages de plomb » de la population. C’est un exutoire, un moyen de prévenir les explosions de violence. Si on enlève les outils qui permettent aux individus de s’investir, de s’exprimer, de se rencontrer, le modèle genevois pourrait disparaître.

En savoir plus sur la communication de la FCLR au 9e RIA

*****

Le comité inter-école organisateur du 9e RIA était composé de :

Haute école de travail social (HETS)

Haute école de travail social et de la santé | EESP | Lausanne

Haute école de travail social Valais/Wallis de Sierre

Haute école de travail social de Fribourg.

Etude-action sur l’apport de l’engagement associatif : morceaux choisis de cinq membres du comité de la FCLR

© Apéro FCLR 30.08.19/HDS             Lettre de la Fédération no 17 – décembre 2019

 

Face aux multiples interrogations que le nouveau contexte de l’animation socioculturelle (ASC) pose sur l’avenir de l’action des centres dans le canton de Genève, sur le rôle de vitalisation qu’ils jouent dans les quartiers et sur la mission de la FCLR, la « fédé » a décidé au printemps de réaliser une étude-action. Son but était triple : dresser un état des lieux des défis auxquels font face les comités et les équipes dans la conduite de leur action, poser un regard sur le fonctionnement de l’ASC tel qu’il est perçu par celles et ceux qui la font dans les centres et faire émerger des pistes d’action.

La FCLR en a confié la conduite à Laure Bonnevie et Peter Hislaire. Entre avril et octobre, il et elle se sont entretenu.e.s avec près de 40 membres de comité et professionnel.le.s dans 14 centres, ont réalisé un sondage en ligne auprès de l’ensemble des équipes et membres de comité des 47 centres, et ont rencontré trois « personnes ressource » à la ville de Genève et Onex. Les résultats et conclusions de l’étude ont été présentés le 17 octobre à l’Assemblée générale extraordinaire de la FCLR. Le rapport final est maintenant accessible en ligne. Il comprend la synthèse et les analyses des réflexions recueillies ainsi que des extraits des notes d’entretiens. Pourquoi faut-il le lire ?

Nous avons demandé à cinq membres du comité de la FCLR – Anna Conti, Didier Roulet, Dominique Blanc, Gilles-Olivier Bron et Pascal Thurnherr – de nous parler du passage qui les a le plus marqué.e.s. Florilèges de leurs morceaux choisis… et en prime, 7 (bonnes) raisons de lire le rapport !

 

Le plébiscite pour l’associatif

Selon les résultats du sondage en ligne lancé dans le cadre de l’étude-action, « 94 % des participant.e.s estiment que l’apport associatif est essentiel (65%) ou important (29%) » (page 20 du rapport).

Même si aucun.e des cinq membres du comité n’a retenu ce point en première intention, presque tou.te.s y ont fait allusion pour nourrir leur analyse ou en contrepoint de ce qu’ils et elle ont souhaité mettre en avant.

La responsabilité entre poids et rapport de confiance

C’est d’abord « le poids de la responsabilité » que retient Gilles-Olivier Bron en se référant à la page 16 du rapport.

« En tant que président de la MQJR ChâBal, j’ai dû signer un document sur l’hygiène alimentaire il y a quelques mois. C’est ainsi que j’ai découvert qu’en tant que président, je portais une responsabilité pénale », explique-t-il. « Donc je connaissais cette dimension mais ce passage du rapport me l’a remise en mémoire. »

Or si d’un côté l’association – et plus particulièrement son ou sa président.e – est responsable au quotidien et choisit son équipe d’animation, la FASe apparaît comme le « vrai » employeur des professionnel.le.s, en signant les contrats de travail. « C’est cette tension que nous avons depuis longtemps et que nous essayons de résoudre », ajoute Gilles-Olivier. Cela ne s’improvise pas : pour gérer l’association, il faut avoir des compétences ou pouvoir s’appuyer sur les compétences des autres membres du comité et de l’équipe. Pour la gestion financière par exemple, c’est important de pouvoir compter sur un binôme trésorier.ière / comptable qui fonctionne bien. En cas de conflit, les comités ne sont pas toujours armés pour faire face. Or, cela peut mettre en souffrance une équipe. « Dans ce cas-là, comment ne pas faire appel au service des ressources humaines de la FASe ? », s’interroge Gilles-Olivier.

« Cette question de la responsabilité est pesante et requiert de trouver un juste équilibre entre ce qui revient à l’État et aux communes, les prérogatives qu’on veut confier à la FASe et celles que nous ne voulons absolument pas abandonner au niveau associatif. » Pour ces dernières, que peut-on mettre en place pour soutenir les centres ? Gilles-Olivier imagine une meilleure solidarité entres les centres et l’impulsion que pourrait donner la FCLR à travers ses formations par exemple.

Car « cette question des RH touche aux fondamentaux du rôle d’un comité. Le comité est celui qui fixe les missions. Si les comités se déchargent des RH parce que c’est un domaine de compétence spécialisé, le risque est que les missions viennent d’ailleurs », conclut Gilles-Olivier.

Pour exercer les responsabilités, des conditions sont nécessaires, notamment le rapport de confiance. C’est sur cet aspect que s’est arrêtée Anna Conti à travers une citation en page 12.

Dans cette courte phrase, trois mots retiennent son attention : « désinvestissement », « confiance » et « liberté ». « Il y a des décennies, des responsables politiques ont décidé de faire confiance à des bénévoles. C’est précieux et rare ! Or, parfois, on pourrait croire que les prérogatives des comités sont grignotées et que le rapport de confiance est entamé », analyse-t-elle. « La FASe est l’employeur juridique. Elle veut que les choses se passent bien dans les centres car elle pense que s’il y avait un problème, un accident par exemple, ce serait elle qui assumerait seule la responsabilité. Mais ce n’est pas le cas car l’association peut aussi être appelée à répondre devant la justice et les autorités. Le ou la président-e d’une association de centre risque beaucoup. »

Le Quart’Île à Vernier, dont elle est membre du comité,  reçoit des subventions des communes pour son fonctionnement et la mise en œuvre de ses activités. « Ces subventions sont confiées à des bénévoles. Cette responsabilité est une marque de confiance qui les valorise, qui les motive », insiste Anna. Les membres de comité ont à cœur de bien gérer ces fonds : ils dépensent avec parcimonie, en faisant attention et en ayant conscience qu’ils gèrent de l’argent public.

Cette confiance va de pair avec une certaine liberté d’action. Or celle-ci se restreint. D’une part, la société évolue : le besoin absolu de risque zéro impose aux structures de « blinder » la sécurité des activités. « C’est une évolution sociale que les politiques et la FASe ne contrôlent pas mais qui les pousse à imposer des choses, explique Anna. En voulant se protéger « à travers les coordinateurs et coordinatrices région », la FASe risque de décourager les bénévoles et entraîner un désinvestissement. Anna le dit sans détour : « Pour monter des projets, il faut avoir les moyens et la liberté de le faire. Il faut une conception de l’ASC qui donne cette liberté ».

Le recrutement des équipes d’animation est l’espace de convergence de la responsabilité et de la confiance : c’est parce que les comités sont les employeurs au quotidien sur le terrain que ce sont eux qui choisissent les équipes avec lesquelles ils veulent travailler. « On nous a confié ce rôle au niveau politique, c’est courageux et c’est une responsabilité importante pour le bon fonctionnement du centre », conclut-elle. « Mais si un jour ce rôle est remis en question, les comités n’auront plus le même rapport avec les équipes ni la capacité de fixer la direction. Ce sera une forme de dystopie ».

La relation avec la FASe

Didier Roulet retient trois citations en page 20 qui abordent toutes la relation, le rapport de force entre l’associatif et la FASe, voire l’interventionnisme de celle-ci.

Dans la continuité de ces citations, Didier Roulet évoque les discussions à la dernière AG de la FCLR, le 5 décembre, sur la Convention collective de travail (CCT) et le cahier des charges des coordinateurs et coordinatrices région de la FASe, sujets qui ont ravivé le débat sur la question du lien hiérarchique, dont ni les équipes d’animation ni les comités ne veulent.

« Pourquoi suis-je dans un comité ? », s’interroge-t-il. « Je n’ai pas de projet particulier mais je trouve mon compte dans la rencontre avec des personnes avec qui je m’entends bien et avec lesquelles j’aime passer du temps. »

Après voir consacré 15 ans à la présidence de la MQ Chausse-Coq, Didier siège encore au comité de l’association dont il est trésorier. Il est aussi membre du comité de la FCLR et il siège à la Coordination centre ville (CCV) de Genève, ainsi qu’au conseil de fondation de la FASe. Cette année, pour la première fois, il s’est « amusé » à noter ses heures : environ 300… depuis début 2019. « Chez les bénévoles, je vois beaucoup de cheveux gris. Où sont les jeunes ? Je comprends qu’ils et elles se sentent moins concerné.e.s car l’ASC s’est beaucoup complexifiée. On doit rendre des comptes, personne ne le conteste, mais le ‘qui paie commande’, ça ne marche pas comme ça. »

Pour autant, « la relève est essentielle. Les équipes et les comités ont bien conscience de la quantité de travail bénévole et de sa valeur. Mais au-delà ? » s’interroge-t-il. L’ASC manque de visibilité auprès des élu.e.s mais aussi auprès des habitant.e.s des quartiers… Selon lui, il est essentiel que les animatrices et animateurs soient affecté.e.s à un centre, celui qui les a choisi.e.s lors de leur engagement, et pas déplaçables ici ou là pour répondre à un « besoin » décrété par une hiérarchie qui n’est pas sur le terrain. Le terrain est représenté par le comité, qui est donc l’organe le mieux à même de savoir quelles sont les actions les plus pertinentes à mener, et qui confie à l’équipe des professionnel.le.s du centre la mission de les accomplir. « Parmi ces missions », conclut-il, « il y a celle qui devrait être en permanence en ‘tâche de fond’ et qui consiste à constamment rechercher d’éventuel.le.s futur.e.s membres de comité, afin d’en assurer le renouvellement. Cela nécessite de bien connaître la population du quartier, de tisser avec elle des liens sur la durée. Ensuite la confiance est réciproque et l’on évite ainsi bien des problèmes ».

Le rôle de la FCLR

La question du bénévolat interpelle aussi Dominique Blanc, notamment sur les raisons pour lesquelles les bénévoles peuvent vite se sentir débordé.e.s par l’ampleur de la tâche. Le manque de soutien et d’outils est un enjeu. Les équipes jouent un rôle : « quand on débarque en tant que membre de comité, on ne connaît rien », se souvient-il. « Chez nous, à la MQ de Thônex, c’est l’équipe qui s’est occupée de nous organiser une rencontre avec Claude Bodmer de la FCLR pour briefer les nouvelles et nouveaux membres de comité. »

Les résultats du sondage sur les contacts avec la FCLR (page 22) – notamment le fait que 44 % des participant.e.s n’ont pas de contact avec les coordinateurs et coordinatrice de FCLR – l’ont donc interpellé.

« Ce n’est pas une surprise. C’est une confirmation de ce que l’on pouvait pressentir. De plus, on ne peut pas plaire à tout le monde », dit-il. « Mais il y a un hiatus entre le plébiscite pour l’associatif et la distance avec la FCLR qui en défend les intérêts. » Selon lui, il y a les personnes qui ne veulent pas avoir de relations avec la FCLR parce qu’elles n’en voient pas l’intérêt, ou parce qu’elles ont peut-être eu une mauvaise expérience. Mais il y a aussi celles qui méconnaissent son rôle et le soutien qu’elle peut apporter, et encore celles qui ont d’autres priorités. Car participer aux activités de la FCLR demande un investissement en temps. « Il faut veiller à raccrocher les wagons et pour cela il faut donner envie aux gens de s’investir. ».

C’est aussi cet enjeu-là qu’a retenu Pascal Thurnherr à la lecture des pages 26-27.

« Les réponses recueillies dans l’étude vont dans le sens que ce que la nouvelle équipe au comité de la FCLR [arrivée en 2018] a bien perçu », explique Pascal. « Les AG trop longues, la parole mobilisée par certains, etc. avec pour principale conséquence la désaffiliation et une fréquentation en baisse des AG ces dernières années. » Des mesures ont depuis été prises pour infléchir cette image mais cela prend du temps. « C’est pourquoi je ne suis pas étonné de ces résultats et nous devons continuer à creuser ce sillon-là : des AG plus démocratiques et plus ouvertes à la parole » ajoute-t-il. Pour cela, un travail d’explication des enjeux doit être mené en amont.

Signal réjouissant : la dernière AG du 5 décembre a réuni le quorum et les discussions qui portaient sur un sujet très épineux de la CCT (la fonction hiérarchique des coordinations région de la FASe) ont été riches. « Il y a trois ans », rappelle Pascal, « l’AG que nous avions eue sur ce sujet avait duré des heures sans aboutir à rien. Cette fois, le débat a été vif mais serein et courtois, et il a abouti à un vote clair. »

La dynamique a changé mais cela reste encore fragile comme le rapport le montre. « Il faut donc continuer dans cette direction sans se relâcher » ajoute Pascal qui évoque Discourse, la plateforme de participation et de débat mise en place par la FCLR, et qui doit encore être améliorée. « Toutes les pistes d’action mentionnées dans le rapport me parlent, à la fois en tant que président de la FCLR, membre du Conseil de Fondation de la FASe et co-président de la MQ des Acacias. »

Ainsi la question de la coresponsabilité serait à aborder centre par centre. En tant que président de la FCLR, le rôle de la « Fédé » serait de travailler avec chaque comité et de les soutenir sur cet enjeu-là. En tant que co-président de la MQ des Acacias, son rôle serait de partager l’expérience de ce qui a été mis en place dans son centre.

Revenant sur la piste d’action qui concerne plus particulièrement la FCLR (page 29), Pascal confirme que la FCLR veut être plus proactive auprès des comités de centre, notamment ceux qui ne viennent pas aux AG et avec lesquels elle n’a pas de contact.

« Le rapport montre à chaque page les espaces où la FCLR pourrait faire mieux. Mais ce travail de fond passe après les urgences et nous ne réussissons pas à le faire », analyse-t-il. « Comment faire mieux et plus sans avoir plus de moyens ? Il est évident que la FCLR a besoin à court terme d’un poste de coordination supplémentaire pour pouvoir poursuivre sa mission auprès des associations de centres. » D’autant que le périmètre à couvrir est large et que les besoins vont encore s’intensifier avec l’émergence de nouveaux quartiers. Là-aussi, Pascal est convaincu que la FCLR a un rôle fondamental à jouer, mais qu’elle va devoir se battre pour pouvoir le jouer : « nous allons devoir aller au-devant des communes pour rappeler la nécessité d’ouvrir des espaces pour la mobilisation citoyenne. La FCLR doit soutenir l’émergence de nouvelles associations pour que les futurs centres d’animation socioculturelle ne soient pas désincarnés mais au contraire bien connectés aux quartiers qu’ils serviront. »

« La FCLR a un rôle à jouer pour préserver le sens et les valeurs de l’ASC. L’étude-action fournit à la ‘fédé’ et à ses membres un état des lieux et des pistes d’action utiles, et cela pour plusieurs années », conclut-il.

  • Ce florilège vous a donné envie de découvrir les synthèses et résultats de l’étude-action ? Le rapport est en ligne ici
  • Pas encore tout à fait convaincu.e ? Lisez les 7 (bonnes) raisons de télécharger le rapport :

7 (bonnes) raisons de lire l’étude-action sur l’apport de l’engagement associatif dans les centres d’animation socioculturelle

  • Lire les citations : elles sont concrètes et parlent plus qu’un texte général. Elles donnent du réalisme au rapport.
  • Pour les nouvelles et nouveaux membres de comité mais aussi les responsables : mieux comprendre le contexte de l’ASC, l’importance de l’associatif, le fonctionnement des centres, les rôles respectifs des comités et des équipes, le rôle de la FCLR, celui de la FASe, etc.
  • Découvrir les fonctionnements des autres centres et enrichir le regard qu’on porte sur le sien.
  • Comprendre qu’entre équipes et comités il y a des différences d’appréciations et que chacun doit veiller à entendre l’autre pour que le centre fonctionne bien.
  • Comprendre/se souvenir que l’animation est aussi un travail administratif pour monter les activités et que les animateurs et animatrices ne peuvent pas passer tout leur temps sur le terrain.
  • Comprendre que les associations de centre ne sont pas des associations comme les autres.
  • Se rassurer en voyant que les sentiments sur les difficultés actuelles sont partagés par beaucoup.